
Plusieurs études ont été publiées concernant la capacité des producteurs à subvenir aux besoins d’une demande sans cesse croissante. Selon la firme Baker Hughes, même si le nombre de puits creusés pour le gaz naturel atteint actuellement des records, le niveau de production a, quant à lui, connu son sommet en 2001 et a diminué depuis. Les États-Unis ont une production actuelle comparable à celle de 1993, moment où l’activité de forage était la moitié de celle d’aujourd’hui.
L’approvisionnement gazier en Amérique du Nord provient principalement de trois régions : le bassin sédimentaire de l’Ouest canadien, situé principalement en Alberta, le centre et Midwest américain et la région du golfe du Mexique. Contrairement à celle du pétrole brut, la production de gaz naturel en Amérique du Nord est presque suffisante pour répondre à la demande sans trop dépendre des importations. Par contre, plusieurs études, dont celles de l’Office national de l’énergie au Canada, démontrent clairement la nécessité d’importations croissantes afin de satisfaire la demande nationale future.
Cliquez pour agrandir Comme les puits de forage sont plus nombreux à puiser dans les bassins moins productifs, l'exploitation traditionnelle des gisements de gaz naturel est en déclin, et l'industrie tente par tous les moyens de développer de nouvelles façons d'exploiter cette ressource, notamment avec le méthane de houille (coal bed methane) tiré des gisements de charbon.
Les nouveaux puits aux États-Unis perdent désormais en moyenne 32 % de leur capacité de production chaque année, alors que cette dépréciation n’était que de l’ordre de 17 % au début des années 90. Afin de maintenir la production normalement requise, et pour satisfaire la nouvelle demande, les producteurs doivent commencer par remplacer ces 32 % de pertes avant même de songer à augmenter l’ensemble de la production. En plus des bassins traditionnels déjà exploités, ils doivent maintenant se déplacer dans des régions éloignées telles que l’Alaska ou la région de l’estuaire du Mackenzie près du cercle polaire, ce qui provoque une augmentation considérable des coûts de production et de transport, influant ainsi sur leur rentabilité lorsque les prix du gaz sont bas.
Les estimations de l’Association canadienne des producteurs de pétrole démontrent également une réduction importante de l’activité de forage en 2007, en raison des frais d’exploitation beaucoup plus élevés et de la faiblesse des prix. Ils estiment que les coûts reliés à l’exploitation et au développement de nouveaux puits dans le bassin sédimentaire de l’Ouest canadien ont augmenté de 40 % par rapport à 2006, et de 125 % depuis l’an 2000.
Malheureusement, cette diminution de la production n’est pas une situation qui peut être renversée ou même stabilisée lorsqu’on tient compte uniquement des bassins « traditionnels » exploités en Amérique du Nord. C’est pourquoi des solutions à long terme ont été évaluées et proposées, les plus connues étant les projets de développement en Alaska et ceux de la région de l’estuaire du Mackenzie. Ces projets sont toutefois très onéreux et doivent être soumis aux réglementations environnementales et gouvernementales, ce qui cause d’importants retards dans leur mise en opération respective, les menant bien au-delà de 2010.
La capacité d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL), grâce à de nouveaux terminaux et à des méthaniers en provenance de Trinidad, de l'Égypte, de l'Algérie et d'autres pays d'Afrique et du Moyen-Orient, est en forte progression et devrait constituer une source importante de nouveaux apports gaziers au cours des prochaines années. En 2006, l’approvisionnement global de GNL dépassait les 7000 Bcf, soit un peu plus que la production totale de gaz naturel du Canada. L’Amérique du Nord a importé environ 600 Bcf (ou 8,6 %) du GNL produit à l’échelle mondiale. Par contre, ces 600 Bcf ne représentaient que 2 % de la demande totale en gaz naturel de l’Amérique du Nord. L’Association canadienne du gaz estime que le GNL pourrait répondre à 10 % de la demande nord-américaine d’ici 2020 si les conditions de marché le permettent.
L’entreposage est aussi un important facteur de fluctuation des prix du gaz naturel. Les données de l’entreposage nord-américain sont publiées de façon hebdomadaire par la Energy Information Administration (EIA), qui y dévoile ses estimations des quantités injectées ou retirées des installations d’entreposage aux États-Unis au cours d’une semaine donnée. Les estimations sont souvent révélatrices des fondamentaux en cours (production, demande, transport, etc.), et c’est pourquoi les négociateurs (traders) réagissent fortement à la publication des données de la EIA.
Le gaz est stocké à l'intérieur d'anciens bassins de gaz ou d'autres formations de roches poreuses principalement situés dans le nord des États-Unis. Leur emplacement est souvent à proximité des grands centres de consommation, ce qui rend le gaz rapidement disponible pour satisfaire la demande en période de pointe. En été, la production de gaz naturel est plus grande que les besoins en consommation. L'excédent est alors stocké en réserve afin de suffire à la demande plus grande en hiver.